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Pour un cyclisme propre
Pour un cyclisme propre

Dans les pelotons, quand on roule, on entend beaucoup de "choses" sur le dopage en général et sur l'EPO en particulier. Il est bon de dire exactement ce qu'est l'Érythropoïétine.

Pour cela je retranscris in-extenso cet article paru dans un ouvrage que je vous recommande vivement de lire : "100 Questions sur le vélo" écrit par Michel DALLONI (Éditions LA BOÉTIE). L'auteur répond à des questions que beaucoup peuvent se poser concernant le vélo, sa pratique, ses champions, etc.

Le texte ci-dessous répond à la question N°91 : Qui a inventé l'EPO ?

" Derrière l’acronyme EPO, qui partout dans le monde est devenu synonyme de dopage, se cache l’Érythropoïétine, un médicament conçu pour sauver des vies. L’Érythropoïétine est une hormone qui stimule la production de globules rouges, permettant ainsi d’augmenter le volume d’oxygène transporté dans le sang. Elle est prescrite chez certains insuffisants rénaux ou pour soigner des anémies graves. Elle est également utilisée dans des chimiothérapies. Elle est secrétée naturellement par le foie et activée par les reins, et peut être fabriquée en laboratoire grâce au génie génétique. Elle s’administre alors par injection. Si l’’Érythropoïétine de synthèse est le produit dopant phare de la fin du XX° siècle pour les cyclistes et les sportifs pratiquant l’endurance (courses de demi-fond, de fond et épreuves de marche en athlétisme, natation, ski nordique), c’est que l’oxygène est le principal carburant du muscle dans ce type de discipline. En résumé : plus de globules rouges dans les veines = plus d’oxygène dans les muscles = plus d’efforts dans les pattes = plus de victoires dans l’escarcelle = plus d’argent dans les poches. L’EPO, c’est la potion magique !

Houla !
Houla !

" On doit les premières découvertes sur le rôle vecteur des globules rouges et les conséquences bénéfiques d’un transport accru d’oxygène à une chercheuse française : Clotilde DEFLANDRE (1883-1946) qui a présenté ses travaux à l’Académie des Sciences le 27 août 1906. Le nom d’’Érythropoïétine n’apparaît qu’en 1948.

Le gène a été identifié puis cloné en 1985, ce qui a permis la fabrication industrielle par le laboratoire californien AMGEN. Son utilisation médicale a été autorisée, aux États-Unis, en 1989 et a reçu en 1990 l’autorisation de mise sur le marché. Dès 1984, un médecin suédois, expert en transfusion, Bjorn EKBLOM, établit l’efficacité de l’’Érythropoïétine chez les sportifs. Il affirme qu’après 6 semaines de traitement, l’augmentation de la consommation d’oxygène serait de 8% et celle de la performance de 16%. Autre avantage : les contrôles antidopage ne le détectent pas encore.

Dans les années 1990, sous l’influence des 3 médecins italiens, Francesco CONCONI, Michele FERRARI et Luigi CECCHINI, le peloton professionnel adopte le produit et, au fil des années, ses différents évolutions. Le danois Bjarne RIIS, gagne le Tour de France 1996 en l’utilisant. Il avouera bien plus tard que son taux de globules rouges atteignait alors 60% contre 47% pour un individu lambda. Les autorités s’émeuvent d’autant que les risques pour la santé sont réels : le sang enrichi s’épaissit, et l’embolie mortelle – obstruction d’une artère cérébrale, cardiaque ou pulmonaire par un caillot – guette. Pour prévenir ce danger, les coureurs se gavent d’aspirine aux vertus anticoagulantes et font des pompes ou du home-trainer en pleine nuit afin d’activer une circulation sanguine ralentie par le sommeil…

L'excès est nuisible
L'excès est nuisible

" Plusieurs champions dont Richard VIRENQUE et ses équipiers impliqués dans l’affaire FESTINA en 1998 et Lance ARMSTRONG, lors de sa confession télévisée du 17 janvier 2013 ont détaillé les protocoles observés. Il faudra attendre 1997 pour qu’un système de dépistage sanguin soit enfin mis au point. Il est fondé sur la mesure de l’hématocrite – le taux de globules rouges dans le sang. L’Union Cycliste Internationale (U.C.I.) l’adopte rapidement. Tout coureur au-dessus de 50%, considéré comme le suil à partir duquel la prise d’EPO peut être suspectée, voit sa licence suspendue 15 jours, le temps de procéder à des examens plus complets. Le peloton comprendra vite qu’il existe des moyens simples de ramener à la raison un hématocrite gonflé à l’’Érythropoïétine : il suffit de diluer son sang grâce à une injection de sérum glucosé dont les effets sont immédiats. Pourtant le 10 mars 1997, au matin de la 2° étape du PARIS-NCIE (VENDÔME-BOURGES, 162 km), le français Erwann MENTHÉOUR et les italiens Luca COLOMBO et Mauro SANTAROMITA se font prendre. Ils seront les premiers sanctionnés pour usage présumé d’EPO mais pas les derniers. "

Bon maintenant vous savez tout, alors quand vous entendrez des niaiseries sur l'EPO vous pourrez rectifier !

Tag(s) : #Cancans ragots... Culture peut-être

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